Le stent, ce petit bout d’acier qui sauve des vies

stent-cardiologie-medecine-coronaire-dilatation-angioplastieLe stent, ce petit bout d’acier qui sauve des vies

 

Un malaise cardiaque, s’en suit l’hospitalisation, l’examen clinique et le bilan et dans la majorité des cas, la coronarographie est inévitable et certains cas, et non des moindres, il s’avère qu’un geste thérapeutique, en l’occurrence la mise en place d’un stent, soit nécessaire.

 

Qu’est ce qu’un stent ?

Le stent, c’est ce dispositif cylindrique en métal (acier inoxydable ou alliage) de quelques millimètres de diamètre et long de un à quelques centimètres qui, placé dans une cavité naturelle, sert à la maintenir ouverte en permanence.

Connu également sous le nom d’endoprothèse ou de tuteur vasculaire, le stent, sous la forme d’un ressort, est surtout utilisé dans les artères pour éviter qu’elles ne se bouchent. En plus des vaisseaux, le stent peut aussi être utilisé au niveau de canaux tels que les conduits biliaires, l’urètre ou encore en cas de greffe de bronches.

Si le terme « stent » doit son nom, selon certaines références, au dentiste anglais Charles Thomas Stent vers la fin du 19ème siècle, ce dispositif n’a été utilisé la première fois au niveau des artères coronaires qu’au début des années 1980s.

Introduit en France en 1985, le boom du stent verra le jour moins de 10 ans après, soit vers 1994 et plus particulièrement suite à la publication des résultats de deux grandes études scientifiques que sont STRESS (STent REStenosis Study) et BENESTENT (BElgian NEtherlands STENT study). Ces études avaient montré la diminution de moitié du taux des re-sténoses après la dilatation artérielle par stent.

 

Les différents types de stent

Il en existe deux : le stent nu et le stent pharmaco-actif ou bioactif. Contrairement au stent nu, le stent bioactif diffuse une substance qui réduirait l’inflammation locale et inhiberait la prolifération cellulaire limitant ainsi le risque de re-sténose. Bon à savoir que la récidive de la sténose artérielle est du essentiellement due à la multiplication des cellules de la paroi de l’artère qui considère qui considère qu’il y a eu effraction qu’il faudra traiter.

Il existe également des stents de dernière génération encore à l’essai. Ce sont des stents en acide polylactique à la place de l’acier inoyxdable. Ils sont biodégradables et sont absorbés par la paroi de l’artère.

 

Comment agit le stent ?

L’introduction d’un ballon qu’on gonfle par la suite dans la lumière d’une artère rétrécie par une plaque d’athérome est le principe même de l’angioplastie. Toutefois, cette technique est greffée d’un taux important de re-sténose dans les mois, voire les semaines qui suivent l’intervention. Cette récidive fréquente de l’obstruction a été contournée par la mis en place d’un stent qui sera introduit avec le ballon et laissé en place après le retrait de ce dernier, ce qui permettra de maintenir dilatée l’artère. Malgré cette technique, le risque de re-sténose est toujours présent et est estimé entre 20 et 30%. C’est là tout l’intérêt de l’utilisation des stents dits bioactifs qui libèrent des substances médicamenteuses anti-prolifératives pour qu’il n’y ait pas récurrence de sténose.

Hélas ces stents actifs, avaient certes réduit notablement le risque de re-sténose mais seulement à court terme car à long terme, ils avaient doublé le risque des décès chez les patients qui en sont porteurs. Ces résultats avaient été présentés par bon nombre de scientifiques notamment lors du congrès de l’American Heart Association en 2006 à Salt Lake City à Chicago.

 

Une récente étude américaine baptisée « SYNTAX » et publiée dans « The New England Journal of Medicine » avait, quand à elle, émis la conclusion de la supériorité de la revascularisation chirurgicale (pontage) sur la dilatation par stent pour les patients ayant des lésions coronaires complexes. Elle avait, par ailleurs, conseillé d’utiliser le stent en cas de faible risque de coronaropathie.

 

E.K.L