La sensation d’aiguilletage: Elément important de l’acupuncture

acupunctureL’acupuncture fait partie de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Elle est approuvée  par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)  pour diverses raisons notamment  pour son action contre la douleur.

Une analyse faite par des chercheurs de l’institut de physiologie et pharmacologie, Karolinska au suède et publiée dans le journal “Acupuncture and Related Therapies ” démontre que, bien que beaucoup de tests, d’essais contrôlés randomisés (ECR) et de révisions systématiques aient démontré l’efficacité de l’acupuncture, certaines  conclusions sont controversées en raison de l’absence de différence significative entre les résultats de l’acupuncture réelle et celle simulée.

Cette similitude peut être due à l’omission des éléments importants du traitement d’acupuncture lui-même, comme la sensation d’aiguilletage. En effet, cette sensation  représente un composant important de l’acupuncture.

Du point de vue de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), la sensation d’aiguilletage, dite « deQi », est une combinaison de sensations uniques qui sont interprétées comme un flux circulant du Qi, ou « énergie vitale. »

L’acupuncture n’est considérée  réussie  qu’avec l’arrivée de l’énergie vitale (le Qi). Cet état est essentiel pour un effet thérapeutique spécifique de l’acupuncture.

Du point de vue biomédical, l’acupuncture, excite les récepteurs sensoriels et les fibres nerveuses dans le tissu stimulé provoquant une sensation d’aiguilletage.

En plus elle induit  à la fois la désactivation d’un réseau limbique-paralimbique-néocortical dans le cerveau et l’activation des régions somato-sensorielles.

Une sensation normale d’aiguilletage est associée à une désactivation notable de ces réseaux cérébraux, alors que l’absence de sensation d’aiguilletage (comme lors de l’aiguilletage factice) l’est beaucoup moins.

Inversement, lorsque l’acupuncture induit une sensation de douleur aiguë, il se produit à  la place une  activation de ces réseaux.

Dans un contexte clinique, cette différence signifie que le thérapeute doit identifier une intensité de stimulation qui est  mesurée à partir de  la réponse d’aiguilletage de chaque patient, c’est-à-dire que toute sensation désagréable de douleur  aigue, lors de la stimulation par  l’aiguille, doit être évitée.

Les deux bases empiriques, de la MTC et celle de la recherche biomédicale suggèrent que le thérapeute doit s’efforcer au cours d’un traitement à l’acupuncture, de provoquer une sensation d’aiguilletage.

Si une telle sensation n’est pas atteinte, cela traduit il que les effets spécifiques de l’acupuncture sont moins importants ?

Cette conclusion suggère que  le « deQi » fait spécifiquement partie du traitement par l’acupuncture et que l’expérience de sensation d’aiguilletage devrait universellement être évaluée et rapportée dans tous types d’essais cliniques et expérimentaux.

B.H.S