Une voie potentielle pour bloquer la transmission du virus du Chikungunya

virus-Chikungunya-santé-tunisieUne équipe de chercheurs a fait un premier pas dans la prévention de la transmission du virus du chikungunya tropicale transmise par le moustique tigre (voir notre article), qui menace d’envahir l’Amérique centrale et du sud, et le sud-est des Etats-Unis.

Les moustiques du genre Aedes aegypti et Aedes albopictus, établies dans les régions de l’Afrique centrale, de l’Inde et de l’Asie du Sud-est, se sont peu à peu propagés dans certaines régions d’Europe et autour de la Méditerranée, surtout pour Aedes albopictus. Le problème est qu’ils représentent un risque accru dans les pays dont les habitants n’ont pas d’immunité vis-à-vis de la maladie, exemple de la flambée localisée au nord-est de l’Italie en 2007, ce qui a encouragé de nouvelles recherches sur le virus pour lequel, à ce jour, il n’existe aucun traitement.

Des chercheurs du Medical Research Council (MRC) du Centre de recherche sur les virus à Université de Glasgow, en collaboration avec des collègues de l’Institut Pasteur, en France, ont clairement identifié une voie antivirale chez le moustique, plus précisément la voie de l’interférence d’ARN (RNA interference – RNAi), qui pourrait être ciblée pour prévenir la transmission. L’interférence d’ARN est une voie de régulation du taux d’ARN messagers traduits qui constitue entre autres un mécanisme de défense antiviral chez les plantes et les animaux. Plus simplement, le RNAi prémuni les cellules contre l’introduction de gènes de virus. Les chercheurs doivent maintenant trouver des moyens de briser la chaîne de transmission du virus, en affaiblissant ou en renforçant l’immunité du moustique, éventuellement par le biais de modifications génétiques.

Rappelons que même si le virus du chikungunya n’est généralement pas mortel, il entraine des souffrances considérables : fièvre, arthralgies (douleurs articulaires) sévères, myalgies, céphalées, nausée, fatigue et éruption.

K.L