Quoi de neuf dans le secteur de l’endocrinologie ?

1Le 10 et 11 avril 2014, la STEDIAM (société tunisienne d’endocrinologie, diabète et maladies métaboliques) a organisé à l’hôtel Sheraton Tunis son 23éme congrès national d’endocrinologie. Ce fut un événement riche en conférences abordant des thèmes d’actualité, mais  aussi des ateliers et symposiums de plusieurs laboratoires et firmes pharmaceutiques qui ont  présenté  leurs nouveautés en matière de médicaments et  les études  réalisées à ces sujets.

Vous trouverez dans cet article quelques données de 2 symposiums de ce congrès qui sont :

  1. « La prise en charge du diabète au cours de la grossesse : intérêt des analogues » Laboratoire Novo nordisk ; présenté par Pr.Anne Vamberg
  2. « Actualité sur la prise en charge de l’acromégalie par les analogues à la somatostatine en 1èreintention » Laboratoire Ipsen ; présenté par Dr Olfa Essaies

« La prise en charge du diabète au cours de la grossesse : intérêt des analogues » :

Lors de cette présentation, le Pf Anne Vambergue a commencé par exposer les éventuels risques lors du diabète gestationnel, avec notamment les risques fœtaux(fausses couches, malformations, macrosomie) et les risques maternels (HTA, aggravation d’une rétinopathie, accouchement prématuré ou une toxémie) d’où l’intérêt du bon contrôle glycémique.

En effet les femmes diabétiques doivent programmer leurs grossesses de manière à atteindre l’objectif d’une HbA1c (hémoglobine glyquée) inférieur à 7% car  le risque de malformation est directement lié au taux de  l’HbA1c. 

Venant au vif du sujet, à savoir les analogues de l’insuline, l’interlocutrice a mentionné le fait que les analogues rapides de l’insuline, n’ont pas fait l’objet de beaucoup d’études et que par conséquent il  n’existe que  très peu de données à ce  sujet.

L’insuline Aspart a fait l’objet d’une étude prospective randomisée qui a  démontré que cette insuline présente moins de risque de prématurité et de malformations congénitales  avec un pourcentage de 4.3% par rapport a l’insuline humaine 6.6%.

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L’Insuline Detemir a été analysée dans une étude clinique contrôlée, randomisée, en ouvert, chez des femmes enceintes diabétiques de type 1 (n = 310) ayant reçu un traitement de type basal-bolus, avec Detemir (n = 152) ou l’insuline NPH (n = 158) comme insuline basale, en association à l’insuline Aspart. Les résultats à 36 semaines de grossesse  ont montré que l’insuline Detemir était non-inférieur à l’insuline NPH et que le taux de HbA1c était de 6.27% pour la Detemir et 6.33% pour l’insuline NPH.

Pour finir Pf Anne Vambergue, a rappelé qu’en plus du traitement par l’insuline, la grossesse chez la femme diabétique doit adopter un régime adéquat et une alimentation équilibrée.

 « Actualité sur la prise en charge de l’acromégalie par les analogues à la somatostatine en 1èreintention » :

L’acromégalie est une maladie caractérisée par une augmentation anormale de la taille des extrémités du corps (pieds, mains, visage) causée par la sécrétion excessive de l’hormone de croissance (GH).

La prise en charge de cette maladie est multi factorielle : chirurgie, traitement médical et radiothérapie dont les objectifs thérapeutiques visent une réduction du volume tumoral et le traitement des déficits hypophysaires.

La chirurgie, est le traitement de première intention, elle présente des succès à 80%  avec les micros adénome, quand à la radiothérapie, cette dernière a présenté des résultats un peu décevants, on lui reproche des risques d’AVC.

La somatostatine est l’hormone qui physiologiquement inhibe la sécrétion de l’hormone de croissance, la GH.

Le développement des Analogues de la  somatostatine (Octréotide, Lanréotide) à commencé a partir des années 1980. Le Pasiréotide est un nouvel analogue de la somatostatine dont  l’effet inhibiteur sur la sécrétion de GH a été prouvé plus fort que celui de l’octréotide  en raison de son profil de liaison aux récepteurs.

Plusieurs études ont été publiées à ce sujet notamment une étude norvégienne randomisée et une étude chinoise publiée en 2012 lesquelles  études ont prouvél’efficacité et la bonne tolérance des analogues de la somatostatine qui sont généralement prescrits en contre indication a la chirurgie.

L’utilisation d’agonistes dopaminerquiques dans l’acromégalie seule a été remplacée par les analogues de la somatostatine. Cependant, la Cabergoline (agoniste  dopaminergique) combinée à un analogue de la somatostatine analogique peut améliorer la réponse thérapeutique chez les patients qui n’atteignent pas un contrôle adéquat biochimique avec des doses maximales d’analogues de la somatostatine.

Le Pegvisomant, unautre médicament, généralement utilisé chez les patients atteints d’acromégalie qui n’ont pas répondu à la chirurgie, à la radiothérapie  ni à d’autres traitements médicaux. Toutefois il s’agit d’un traitement très couteux, ce qui a limité son utilisation à grande échelle.

En conclusion le Dr Essais a mentionné que le traitement par les analogues de la somatostatine  indiqué en contre indication à la chirurgie est un traitement prometteur qui a fait ses preuves.

 

B.H.S

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