Qu’est ce que le goitre ?

A première vue d’une personne ayant un goitre, qui est une excroissance difforme à la base de son cou, on pourrait croire à une simple disgrâce esthétique mais, en réalité, ce goitre est beaucoup plus préoccupant et grave qu’une simple infortune de belle apparence.

Le goitre correspond à l’augmentation du volume de l’ensemble de la glande thyroïdienne. Cette augmentation harmonieuse du volume est secondaire à l’accroissement du nombre des vésicules qui forment la glande.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a défini le volume normal des lobes de la thyroide lorsque la taille de ces derniers est inférieure à la 1ère phalange du pouce du patient. 

De nos jours, les goitres, énormes et volumineux, dits historiques, sont devenus rares voire inexistants grâce aux progrès des moyens diagnostiques et thérapeutiques.

Pourquoi apparaît le goitre ?

Une carence en apports iodés est la principale cause du goitre dit « simple ». Dans cette catégorie de goitres simples, on retrouve la notion d’hérédité car il y a des familles entières à goitreux.

Cependant, Le goitre pourrait être la conséquence d’un trouble de la synthèse des hormones thyroïdiennes ou le fait de l’utilisation de médicaments qui perturbent le métabolisme iodé ou l’utilisation de produits de contraste iodés. Il peut faire partie également du tableau clinique de plusieurs pathologies thyroïdiennes dont la thyroïdite, l’hyperthyroïdie ou encore le cancer de la thyroïde.

Comment explorer un goitre ?

Si le goitre est non visible et non compliqué, le patient ne peut se douter de quoi que ce soit et c’est l’examen physique, fait par le praticien, qui mettra en évidence une thyroïde anormalement augmenté de taille. La clinique, dans la majorité des cas, suffit à elle seule à diagnostiquer le goitre. Toutefois, l’échographie donnera une idée plus précise et complète sur le volume exact des lobes de la glande, plus particulièrement quand la palpation est difficile.

En effet, la palpation pourrait s’avérer difficile et infructueuse chez les personnes âgées ou ayant un cou adipeux.

Parfois, un bilan hormonal thyroïdien est nécessaire pour différencier entre goitres simples, non compliqués qui ne s’accompagnent pas de troubles de la thyroidogénèse et les goitres survenant dans le cadre d’hyperthyroïdies. La radiographie du thorax, voire le scanner thoracique peuvent être d’une grande utilité au cas ou le goitre est bas situé ou plongeant.

Les complications du goitre

Certains médicaments sont une source non négligeable d’iode dont l’accumulation au fil du temps, en plus de l’iode alimentaire, peut devenir toxique. Par ailleurs, un goitre qui augmente progressivement de volume peut comprimer les organes de voisinage et entrainer une dyspnée (difficulté de respirer), une dysphagie (difficulté pour déglutir), une dysphonie (enrouement de la voix) ou la compression des veines profondes. Le risque de développement d’un cancer au sein du goitre est aussi une complication à ne pas sous-estimer.

La prise en charge du goitre

Entre abstention thérapeutique, hormonothérapie ou chirurgie, l’endocrinologue et le chirurgien établiront le traitement en fonction de la cause du goitre et de ses conséquences sur la santé du patient.

E.K.L