Les directives de l’OMS, sont elles raisonnables ?

maladie-cardiaque-potasuim-sante-tunisieAfin de réduire le risque de maladies cardiaques et d’infarctus, l’OMS recommande de ne pas consommer plus de 2000mg de Sodium par jour (moins d’une cuillère à café de sel), et préconise une consommation quotidienne de 3510 mg de Potassium.

Le Dr. Adam Drewnowski, Pf d’épidémiologie du centre de nutrition de l’université de Washington, s’est posé la question de savoir si ces recommandations de l’OMS sont réalisables ?

Entouré d’une équipe de collègues internationaux, il s’est focalisé sur l’analyse des données des régimes alimentaires et de consommation de sodium et de potassium provenant des enquêtes nationales réalisées par les gouvernements Français, Mexicain et ceux du  Royaume-Uni et des États-Unis.

Selon ces données seulement 0,3% des Américains, soit environ trois mille atteignent les objectifs alimentaires de l’OMS. Les Français font un peu mieux, avec 0,5%. Les Mexicains beaucoup moins  avec 0,15%, les britanniques font pire avec seulement 0,1% soit un sur mille.

Ainsi les recommandations proposées par l’OMS, et d’autres organismes de santé semblent être  impossibles à réaliser, et les chances pour que la majorité des populations atteigne ces objectifs sont proches de zéro.

Le Dr Drewnowski, attribue cette problématique en partie au fait que le sodium et le potassium soient présents dans le même aliment dans plusieurs cas ; ainsi par exemple si on veut réduire la consommation de sodium ont doit boire moins de lait car ce dernier contient du sodium. Mais il renferme également du potassium, et l’augmentation de l’apport en cet élément nécessite d’en boire.

Dans ce cas l’apport en  potassium pourrait  être augmenté  en mangeant des aliments riches en potassium, comme les légumes, les agrumes et les poissons, mais ces derniers étant généralement  plus cher, les incorporer dans l’alimentation quotidienne permettrait d’améliorer la qualité de l’alimentation certes, mais engendrerait également une augmentation du  coût y afférent.

Des  estimations antérieures à ce sujet  suggèrent que la réalisation  des lignes directrices de potassium ajouterait un cout additionnel d’environ 1,49 $ par jour, soit environ $ 42 par semaine pour un budget alimentaire moyen d’une famille de quatre personnes.

Par ailleurs il  semble difficile aussi de réduire significativement  la consommation de sodium seulement par  l’éducation du consommateur, car dans l’alimentation américaine par exemple, le sodium provient surtout des aliments transformés comme les pains, les pizzas, les viandes et fromages.  Reformuler ces aliments devrait être une stratégie à suivre pour diminuer son contenu.

Les directives diététiques de l’OMS doivent aussi  tenir compte des modèles d’alimentation à l’échelle mondiale, car on a beaucoup de données sur les régimes américains et pas assez sur celui du Bengladesh par exemple.

Ces lignes directrices mondiales de santé, ont besoin de fixer des objectifs qui soient raisonnables et qui devraient être soutenus par plus de données en provenance de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

En conclusion de cette étude il apparaît que les cibles actuelles de l’OMS, en termes de consommation limite de sodium et de potassium, ne semblent pas être possibles et  ne peuvent par conséquent pas être atteintes.

B.H.S