Le virus Ebola : nouvelle flambée après 2 ans d’accalmie

virus-ebola-santetnAvec plus de 1000 décès en Afrique de l’Ouest (selon l’OMS), la flambée de fièvre hémorragique à virus Ebola est de retour après 2 ans d’accalmie. Cette épidémie, qui a initialement débuté dans le sud de la Guinée en mars 2014, s’est ensuite étendue au Libéria, au Sierra Leone qui est devenu l’épicentre de l’épidémie et enfin au Nigeria. Devant l’urgence de la situation, le 12 août dernier, un groupe d’experts mandaté par l’OMS a convenu qu’il était conforme à l’éthique de proposer des traitements expérimentaux, c’est à dire qui n’ont pas encore fait leurs preuves et dont l’efficacité et les effets indésirables sont encore inconnus, pour enrayer l’épidémie.

 

Petit rappel

 

 

Le virus Ebola, qui appartient à la famille des Filovirus (à l’apparence filamenteuse), a été identifié pour la première fois en 1976, lors de deux flambées simultanées à Nzara (Soudan) et à Yambuku (République démocratique du Congo). La rivière Ebola située près de Yambuku, a donné son nom à la maladie. Le genre Ebolavirus compte 5 espèces distinctes : Bundibugyo (BDBV), Forêt de Taï (Taï Forest TAFV), Reston (RESTV), Soudan (SUDV) et Zaïre (EBOV). L’identification génétique de l’actuel virus Ebola a montré qu’il était étroitement lié avec l’Ebola Zaïre (EBOV) dont la létalité est estimée entre 50 à 90%.

 

 

Hôte naturel et transmission

 

 

En Afrique, des chauves-souris frugivores ont été suspectées d’être les hôtes naturels du virus Ebola. Des hôtes intermédiaires existent aussi comme les grands primates, les singes ou encore les porcs. Le virus se transmet à l’homme par contact avec les animaux contaminés ou la consommation des produits animaux (sang, viande et lait) crus ou pas assez cuits et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine. Cette dernière se fait principalement par contact direct avec les liquides et sécrétions organiques (sang, sperme, excrétions, salive, urines, sueur) d’une personne infectée.

 

 

Symptômes

 

 

La durée d’incubation, c’est-à-dire le temps écoulé entre l’infection par le virus et l’apparition des premiers symptômes (une apparition brutale de fièvre, une asthénie ou faiblesse intense, des myalgies ou douleurs musculaires, des céphalées et une irritation de la gorge), varie de 2 à 21 jours. Surviennent ensuite des vomissements, une diarrhée, une éruption cutanée, une insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, des hémorragies internes et externes. Le symptôme le plus connu du virus Ebola est l’apparition de taches rouges appelées pétéchies consécutives à des hémorragies sous-cutanées. Le décès survient en général par choc cardio-respiratoire dans 50 à 90 % des cas.

A l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement curatif pour le virus Ebola et l’évolution est fatale dans 60 à 90 % des cas. Combiné au fait qu’il a été souvent associé au bioterrorisme au cinéma et dans plusieurs séries à la mode, il est la source de tous les fantasmes. Pourtant il cause moins de morts que le paludisme et le risque de pandémie reste très faible. Les moyens de prévention « classiques », qui consistent en une réduction du risque de transmission entre les animaux sauvages et l’homme, une réduction du risque de transmission interhumaine provenant de contacts directs ou rapprochés avec des sujets infectés (port de gants, masques, blouses, lavage régulier des mains) et l’éducation ainsi que le changement des habitudes sanitaires des populations sont en général suffisants pour stopper l’épidémie.

K.L