Le syndrome coronaire aigu au Maghreb

inrfarctus-myocarde-sante-tunisieLe temps c’est du myocarde ! Cette métaphore décrit l’attitude à avoir lors d’un syndrome coronarien aigu avec une élévation du segment ST (ST+), qui évolue en règle générale vers l’infarctus, consistant à reperfuser le plus rapidement possible l’artère responsable. Avec l’angor instable et l’infarctus myocardique sans élévation du segment ST (ST-), ces 3 entités cliniques, qui se distinguent de par leur aspect de l’électrocardiographie et leur résultat concernant les marqueurs myocardiques, caractérisent le syndrome coronaire aigu (SCA).

Dans le monde, plusieurs études ont rapporté une diminution du taux de mortalité associé à une meilleure prise en charge du SCA. Cependant, pour ne pas dire malheureusement, ces études ont investigué les populations européennes et nord américaines. Une des questions qui se pose est la situation de la Tunisie et du Maghreb.

Une étude prospective multicentrique sur les stratégies actuelles de prise en charge des SCA (ACCESS), publiée dans la revue Archives of Cardiovascular Disease,  s’est intéressée aux caractéristiques, à la prise en charge et aux résultats d’une année de suivie de patients hospitalisés pour un SCA sans élévation du segment ST (ST-) ou avec élévation du segment ST (ST+) au Maghreb (Tunisie, Maroc et Algérie).

Sur les 1687 patients âgés de 52 à 68 ans atteints de SCA (76 % d’hommes), 59 % avaient un ST+ et 41 % un ST-. Pendant la durée de l’hospitalisation, 96 % des patients recevaient de l’aspirine et 90 % une statine, 83 % ont reçu un bêta-bloquant et 74 % un inhibiteur de l’enzyme de conversion. De plus, 42 % des patients atteints de ST+ n’ont pas reçu un traitement thrombolytique ou une angioplastie coronarienne percutanée. Quant à la mortalité à 12 mois, toute cause confondue, elle a été trouvée de 8,1 %,  sans différence significative entre les patients atteints de ST+ ou ST-. L’arrêt cardiaque, le choc cardiogénique, les épisodes de saignement et le diabète ont été associés à un risque plus élevé de décès à 12 mois, contrairement à l’angioplastie coronaire percutanée et le sexe masculin qui eux, ont été associés à un risque de mortalité plus faible.

Cette étude qui nous donne un aperçu global sur le syndrome coronarien aigu, souligne l’importance d’une stratégie dédiée à la prévention des maladies cardiovasculaire, surtout compte tenu des taux élevés de diabète et de tabagisme ainsi que de l’abus d’alcool en Tunisie, au Maroc et en Algérie.

K.L