Le pied bot : à traiter sans délais

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Un bébé sur 800 à 1000 naissances en est atteint, il est bilatéral dans 50% des cas et il touche avec prédilection les bébés de sexe masculin (deux garçons pour une fille), il s’agit du pied bot varus équin, plus communément appelé le pied bot.

 

Définition du pied bot

Le pied bot est une malformation du pied. Ce dernier est, en effet, dévié et enraidi vers l’intérieur. Toutes les structures du pied telles que muscles, tendons, os, ligaments et peau sont déformées. Cette déformation n’est pas réductible ou elle l’est parfois partiellement.

Cette malformation est congénitale car elle se produit pendant la grossesse et contrairement à certaines idées reçues, elle n’est pas le résultat d’un mauvais positionnement ou d’une compression du pied pendant la vie intra-utérine.

Dans 9 cas sur 10, le pied bot est sans étiologie évidente, dans ce cas, on parle de pied bot idiopathique. L’origine génétique est évoquée en cas de pied bot bilatéral et la probabilité qu’un bébé naisse avec cette anomalie est d’autant plus importante s’il a des antécédents de pied bot dans la famille. Sinon, le pied bot peut apparaître dans le cadre de pathologies sévères comme certaines maladies neurologiques ou neuromusculaires.

 

Comment faire le diagnostic de pied bot ?

 

Dans près de la moitié des cas (46%), le diagnostic est posé lors de l’échographie anté-natale. Autrement, la déformation raide et irréductible du pied, mise en évidence dans plusieurs plans de l’espace, est aisément diagnostiquée.

 

La prise en charge du pied bot

 

Le pied bot ne supporte pas de délais dans sa prise en charge qui doit être entreprise le plus rapidement possible après la naissance. Car en l’absence de traitement, le pied s’enraidira de plus en plus, la déformation s’aggravera et l’enfant ne pourra marcher que sur le bord externe de son pied sans appui ni sur la plante ni sur les orteils.

Actuellement, plusieurs attitudes thérapeutiques existent dont la méthode développée par Ignacio Ponseti, chirurgien orthopédiste espagnol, en 1948 et celle mise au point par André Guillaume et le professeur Henri Bensahel à l’hôpital Bretonneau à Paris à partir de 1972.

La méthode Ponseti consiste à la mise en place de plusieurs plâtres successifs et d’une intervention chirurgicale pour allonger le tendon d’Achille suivie par le port d’une attelle et ce, jusqu’à l’âge de 2 ans au moins.

Quant à la deuxième technique, il s’agit d’un traitement fonctionnel complexe qui repose sur différentes manœuvres et qui doivent être réalisées par un praticien expérimenté et à l’écoute continue des besoins de l’enfant, dans un ordre bien précis et dans une ambiance calme.

Malgré le traitement, le pied atteint reste parfois plus court et à mollet plus fin que le pied normal.

Dans de rares cas, des séquelles, telles que la raideur articulaire et les hypercorrections, peuvent survenir en fin de croissance après le traitement. Ces séquelles sont le plus souvent en rapport avec des atteintes sévères dès la naissance.

 

E.K.L

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