Le moustique, génétiquement conditionné pour piquer

dengue-fievre-jaune-chikungunya-maladie-vecteur-moustique-espece-aedes-aegyptiDengue, fièvre jaune, chikungunya, toutes ces maladies ont un vecteur commun qui est la femelle moustique de l’espèce Aedes aegypti. Cette dernière compte une forme domestique qui coexiste avec une forme ancestrale dite de la forêt, localisée le long de la côte du Kenya et qui préfère mordre les animaux (pas les humains). Il faut savoir que l’hématophagie (le fait de se nourrir de sang) est une adaptation comportementale extrêmement rare chez les insectes, sur les un à dix millions d’espèces d’insectes existantes, seuls 10 000 se nourrissent de sang d’animaux vivants dont 100 seulement préfèrent le sang humain.

Au regard de toutes ces données, une équipe de chercheur hétéroclite comptant plusieurs laboratoires de recherche s’est intéressée à cette préférence pour l’homme par rapport à l’odeur des animaux, en recueillant et en établissant des colonies des deux espèces d’Aedes aegypti (domestique et de la forêt) pour les étudier en laboratoire.

L’étude publiée dans la fameuse revue Nature a montré en outre que l’évolution de la préférence des moustiques domestiques pour l’odeur humaine est étroitement liée à l’augmentation de l’expression et de la sensibilité au ligand du récepteur odorant AaegOr4, ayant une forte affinité pour un composé présent à des niveaux élevés dans l’odeur humaine, le sulcatone. Les moustiques de la forêt, quant à eux, expriment d’autres gènes, à savoir Or4 et Or103, qui expliquerai donc leur affinité pour les animaux.

Ces résultats fournissent un exemple rare d’un gène contribuant à l’évolution du comportement et permettent de mieux comprendre comment les moustiques, vecteurs de maladies, sont parvenus à se spécialiser sur les humains. Un mécanisme qui pourrait se retourner contre eux s’il était maitrisé…

K.L