La trépanation : perçage du crâne

trepanation-trou-trepan-neurochirurgie-craneL’idée même d’y penser, intriguerai plus d’un…

Trouer l’os du crâne, n’est sans doute pas un acte anodin ; mais en se penchant de plus prêt sur cette pratique, qu’est la trépanation, on saurait que celle-ci existe parait-il depuis plusieurs milliers d’années (depuis l’aire néolithique).

La trépanation (issu du grec trupaô : je perce) est un acte chirurgical qui consiste à forer un trou dans un os à l’aide d’un trépan.  Elle est considérée comme l’intervention chirurgicale la plus ancienne.

Les trépanations crâniennes (de la voute crânienne plus précisément) sont les plus courantes.

Actuellement, des fouilles archéologiques et des études paléontologiques de l’être humain ont permis de prouver que la trépanation a été longtemps pratiquée par plusieurs civilisations sur tous les continents et utilisée couramment en Europe, mais également  en Afrique et en Amérique latine.

Les premiers crânes perforés ont été trouvés au XIXe siècle (crânes de Crozon en 1843, de Nogent lès Vierges  en 1854) ; puis en 1867 Prunières, médecin à Marvejols (Lozère), a découvert dans les grottes de la région, des rondelles d’os de crâne, et des crânes entiers trépanés.

En 1874, Paul Broca s’intéressait  à la question et cherchait expérimentalement à retrouver les techniques d’antan.

Suite à ces découvertes, les résultats de très nombreux travaux ont été publiés, tant en France qu’à l’étranger. Parmi eux,  ceux de Guiard (1930), Stewart (1957), Dastugue (1992) et Thillaud (1996).

Mais pourquoi une telle pratique ?

Les trépanations pratiquées en ces temps préhistoriques sont sujettes à bien des hypothèses, but thérapeutique, rituel apotropaïque pour tenir les mauvais esprits à distance, ou encore pour chasser la folie causée par les démons présents dans le crâne.

A ce propos Paul Broca disait : « Boire dans le crâne d’un ennemi était la volupté suprême du barbare »

Les outils utilisés à l’époque étaient  des silex taillés ou des coquillages affutés.

De nos jours, la trépanation est utilisée en cas de tumeurs ou pour le cas de l’hématome. Dans ce dernier cas, si le sang n’est pas évacué, le risque d’une compression du cerveau pourrait  provoquer des lésions entraînant la mort.

Elle est pratiquée aussi dans certains cas  d’hémorragies ou d’accident vasculaire cérébral ou pour intervenir au niveau d’une mastoïde (os situé derrière l’oreille) pour  évacuer du pus.

B.H.S