La cardiopathie rhumatismale et les inégalités sociales

cardiopathie-sante-inegalite-saociale-tunisieUne méta analyse sur la fréquence de la cardiopathie rhumatismale dans les pays endémiques, parue dans la revue « the lancet Global Health », rapporte que la cardiopathie rhumatismale, peut entrainer jusqu’à 250 000 décès prématurés chaque année dans le monde, et est considérée comme une pathologie physique de la pauvreté et de l’inégalité sociale.

Cette pathologie a intéressé une équipe de chercheurs dont les travaux avaient pour objectif d’évaluer la prévalence des cardiopathies rhumatismales dans les pays endémiques décelées par différentes méthodes de dépistage, et en fonction de l’âge.

Cette méta analyse a été basée sur les données de Medline, Embase, le système d’information d’Amérique latine et des Caraïbes sur les sciences de la santé, et sur  celles de l’ African Journals Online, et des études  Cochrane des examens systématiques des populations, publiés entre le 1 janvier 1993 et le 30 Juin 2014 qui ont toutes rapporté sur la prévalence de cardiopathie rhumatismale chez les enfants et les adolescents (≥5 ans <18 ans).

L’étude des statistiques sus visées a permis de constater que la prévalence groupée de rhumatisme cardiaque détectée par l’auscultation cardiaque était de 2.9 par 1 000 personnes (95% CI 1.7 – 5.0) et de 12.9 par 1 000 personnes (8·9 -18.6)  déterminés par échocardiographie, avec une forte hétérogénéité entre les rapports individuels pour les deux modalités de dépistage (I2 = 99 · 0% et 94 · 9%, respectivement).

Il a été constaté une nette association entre l’inégalité sociale exprimée par le coefficient de Gini (coefficient mesurant l’inégalité des revenus dans un pays) et la prévalence des cardiopathies rhumatismales (p = 0 · 0002).

De même qu’il a été enregistré une prévalence clinique de cardiopathie rhumatismale silencieuse de 21·1 par 1 000 personnes, (95% IC 14·1 – 31·4) chiffre  d’environ sept à huit fois plus élevé que celui  de la maladie cliniquement manifeste (2.7 par 1 000 personnes, 1.6 – 4.4).

La Prévalence augmente progressivement avec l’âge, allant de 4.7 par 1 000 personnes (95% CI 0.0 – 11. 2) à l’âge de 5 ans pour atteindre  21 · 0 par 1 000 personnes (6.8 – 35.1) à 16 ans.

Par contre aucune différence liée au sexe n’a été notée dans la prévalence.

En conclusion cette analyse a mis en évidence la forte prévalence des maladies cardiaques rhumatismales et leurs liens avec les inégalités sociales dans les pays endémiques. Mais bien que la réduction de ces inégalités représente la pierre angulaire de la prévention à base communautaire, l’importance de la détection précoce de la cardiopathie rhumatismale silencieuse nécessite d’être encore bien évaluée.

       B.H.S