L'infection par le virus de l'hépatite C : importance de l’épidémiologie.

hepatite c modif khaled2L’infection par le virus de l’hépatite C est un problème majeur de santé publique avec une prévalence mondiale de 3%, ce qui correspond à environ 170 millions de personnes atteintes selon l’Organisation Mondiale de la santé (OMS). L’infection par le virus de l’hépatite C est l’une des principales causes d’atteintes hépatiques sévères dans le monde et la cause de 0.35 million de décès par an. Sur la base de sa séquence nucléotidique, le virus de l’hépatite C (VHC) compte 6 principaux génotypes (numérotés de 1 à 6), eux-mêmes subdivisés en un grand nombre de sous types (identifiés par des lettres minuscules). Le VHC constitue aussi une préoccupation majeure dans les pays du Maghreb (Tunisie, Maroc, Algérie, Mauritanie et Libye) mais, avec un manque certain dans l’épidémiologie de cette infection. Toujours selon l’OMS, la prévalence du VHC dans la région du Maghreb varie entre 1 et 2%. Ceci est en accord avec les pays européens, qui ont rapportés la part de leurs immigrés issus de la région du Maghreb, avec une prévalence plus élevée que dans le reste de la population générale.

Une recherche systématique, publiée dans la revue journal of medical virology, s’est intéressée aux données épidémiologiques du VHC dans la région du Maghreb en se basant sur les études déjà publiées ainsi que les rapports institutionnels et les comptes rendus des conférences.

Cette étude a rapporté une prévalence dans la population générale, basée sur la présence d’anticorps anti-HCV, allant de 1,2 % en Tunisie à 1,9 % en Mauritanie. De plus, une prédominance du génotype 1b a été observée dans tous les pays, sauf en Libye, où le génotype 4 est dominant comme chez son voisin l’Egypte. Il est important de noter que plusieurs études tunisiennes ont décrit l’existence d’un foyer d’hépatite C chronique dans le nord ouest tunisien (Beja, Jendouba), avec une prévalence de 3 % dans cette région contre par exemple 0,3 % dans le sud tunisien. Cette disparité est attribuable à des pratiques médicales à risque suggérant une origine iatrogène (occasionnés par le traitement médical) de ces épidémies régionales. D’un autre coté, dans les populations à fort risque, c’est à dire les patients hémodialysés, transfusés, hémophiliques ou encore ayant subi des transplantations rénales, la prévalence des hépatites C virales chroniques varie de 4.7% à 50%. Ceci suggère que la transfusion sanguine, l’hémodialyse et la transmission nosocomiale sont historiquement les principales voies d’infection.

L’importance des données épidémiologiques est primordiale, surtout pour le développement de mesures de prévention appropriées qui pourront prévenir la propagation du VHC. Plus précisément, l’application « non bâclée » des procédures d’hygiène et des contrôles rigoureux dans les différentes disciplines médicales (hémodialyse, transfusion, endoscopie et dentisterie) sont nécessaires pour réduire de façon significative le nombre de nouvelles infections dans cette région.

K.L