Journée mondiale contre la rage : Chats et chiens errants : la rage au…«grand air» !

« La Journée mondiale de la lutte contre la rage » et « la clôture de l’année mondiale vétérinaire » ont eu lieu le 28 septembre dernier. Pour célébrer ces deux grands événements, l’ATVAC, en collaboration avec le Comité national vet. 2011 et sous la tutelle du Conseil national de l’ordre des vétérinaires ont célébré la Journée scientifique de la lutte contre la rage. Cette journée a été de grande envergure. La présence des médecins vétérinaires était massive. De fait, plusieurs ambiguïtés tournant autour de la maladie de la rage ont été levées lors de ce meeting. Et plusieurs sujets qui prêtent à équivoque ont été clarifiés. Mais qu’est-ce que la rage en fait ? Les Tunisiens doivent-ils se sentir menacés par ce virus ? Et comment s’en protéger ?

 

C’est ce que nous explique le Dr Zied Ben Hmida, vétérinaire et l’un des conférenciers et des organisateurs de la Journée.

« La rage est une infection aiguë du système nerveux central de l’Homme et des animaux. Elle est provoquée par un virus qui pénètre par inoculation de la salive contaminée dans l’organisme sain à la suite de la morsure, de griffure contaminée ou du léchage d’une plaie par un animal contaminé. En 1884, l’illustre bactériologiste français Louis Pasteur mit au point un vaccin contre la rage. Et cette prévention demeure jusqu’à présent le seul moyen de contourner la maladie, bien sûr si elle est faite avant d’attraper le virus ! Le seul moyen de sauver un Homme qui vient d’être contaminé est de le vacciner dans l’immédiat. Le sérum antirabique qu’on donne à la victime stoppe le processus! Au-delà de 24 heures, plus aucune vaccination ne pourra stopper le processus et la maladie sera bel et bien là. La rage est une maladie incurable. Le seul moyen de l’éviter est obligatoirement : le vaccin. Les services de permanence à l’Institut Pasteur et tous les Dispensaires disposent de ce sérum et sont là pour sauver les personnes contaminées.

 

 Dr Zied Ben Hmida

Ceci dit, ce que les gens ignorent, c’est quela rage fait 70 000 morts par an dans le monde. Toutes les 10 minutes, un être humain en meurt ! Et avant d’arriver au stade de la mort, le sujet passe par des symptômes réellement atroces. La période d’incubation moyenne est de cinq à six semaines. Mais une période d’incubation silencieuse, chez l’Homme, peut durer d’une semaine à deux ans. Pendant ce temps, le virus remonte les filets nerveux et finit par une méningite et une encéphalite. À la fin de la période d’incubation, la cicatrice de la morsure, la griffure ou la plaie qui a été léchée devient irritée et douloureuse et engourdie. Ensuite la victime devient sujette à l’anxiété. Mais la rage peut évoluer dans deux formes. Celle dite furieuse, se manifeste par plusieurs symptômes groupés : hypersensibilité, agitation, hallucinations, convulsions et insomnie sont très possibles. Le malade ressent également une soif intense, toutefois la simple vue ou mention de l’eau provoque un dégoût et des spasmes au larynx. Ensuite, de la fièvre et une hyper-salivation sont observées. La salive du sujet ressemble à un mucus épais et le sujet peut même être pris par l’envie de mordre ! La forme paralytique, quant à elle, se manifeste comme son nom l’indique par une paralysie ascendante qui aboutit au coma puis à la mort.

 

Quelle menace sur l’Homme ?

« En ce qui concerne la contamination et contrairement à ce que croit la majorité, la rage n’est pas une maladie liée aux chiens ! Tous les mammifères allant des souris jusqu’aux éléphants, peuvent attraper le virus de la rage et le transmettre à l’être humain. C’est la matière virulente dans la salive qui est responsable de la contamination. Elle peut passer dans le sang humain si l’animal lèche une plaie ou par inoculation d’un organe contaminé par la salive (dents, griffe) dans l’organisme. Et la contagion est immédiate : d’où le danger qui nous guettent ! Il est donc absolument nécessaire de recevoir une piqûre immédiatement après une morsure, une griffure ou un léchage de plaie.

 

Chats et chiens errants sont à l’origine de la rage en Tunisie !

Et Dr Ben Hmida d’ajouter : « Chaque être humain devrait se vacciner parce que tous les Tunisiens ne sont effectivement pas à l’abri à cause des chats et chiens errants et des animaux semi-errants ! Le mministère de l’Intérieur permettait autrefois l’utilisation des cartouches pour tuer les chiens errants. Une décision qui a été interdite lors de l’ancien régime. On a donc laissé les chiens errer à leur guise !

 

D’où la gravité de la situation surtout que ces derniers se rassemblent en meutes dans les décharges publics et les décharges des abattoirs. Une fois devant les restes de viandes et devant les ordures qui, maintenant, jonchent malheureusement tous nos sols, les chiens s’attaquent et se mordent les uns aux autres. Ils se contaminent et risquent de contaminer un Homme !

 

Quelles solutions, me diriez-vous ? A vrai dire, le mieux serait certes qu’on ne rencontre plus aucun animal errant et livré à son propre sort. Dans les pays développés, ceux qui laissent leurs animaux errer sont punis par la loi ! Mais étant donné que nous sommes à des années d’une telle culture, il va falloir composer avec les moyens de bord ! On sait que les éboueurs ne ramassent même plus les ordures de manière assidue, alors que dire de l’éradication des animaux errants! Il ne nous reste donc qu’une seule solution : le vaccin. L’idéal est de vacciner tous les animaux avec qui on peut être en contact, toute espèce confondue. Mais étant donné que ceci est totalement impossible, il va falloir au moins se faire vacciner et vacciner nos enfants contr
e la rage et ce, à raison d’une fois par an. 

 

En 2009, on a noté 4 cas de rage chez l’homme et 125 chez les animaux en Tunisie. Or, à cette époque il y avait beaucoup moins d’animaux errants. Le problème est réel et notre société est en pleine période de transition, en attendant l’installation d’une stabilité et d’un plan d’action contre ce phénomène, il va donc falloir doubler de vigilance. »

 

Bibi.