La goutte, un trop plein d’acide urique

Une douleur nocturne, vive et soudaine au niveau du gros orteil, métamorphosé alors en montgolfière, est le symptôme historique de la goutte, même si elle touche aussi les mains, les pieds, les genoux, les coudes et les chevilles. Une accumulation d’acide urique (issue de la dégradation des purines) dans le sang, qui provoque la formation de cristaux d’urates, en est la cause. Selon la cible du dépôt, on parle d’arthrite goutteuse, de tophus ou de néphropathie uratique, si elle touche respectivement, les articulations, la peau ou les reins.

Que faire en cas de crise aiguë ?

Si la crise est installée, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, la colchicine et les corticoïdes réduisent la réponse inflammatoire provoquée par l’acide urique. Seuls bémols à l’utilisation de la colchicine en faveur des anti-inflammatoires sont les effets indésirables gastro-intestinaux qu’elle provoque.

Le traitement préventif ?

La prévention passe par la diminution de l’uricémie, le taux d’acide urique dans le sang, en dessous de 60mg/L. L’objectif peut être atteint par la modification du régime alimentaire et la prise de médicaments hypo-uricémiants.

Les aliments riches en purine sont à proscrire. On peut citer les poissons bleus (anchois, hareng, maquereau, sardines, etc.), les abats (foie, rognons, cervelle, etc.), les viandes de gibier sauvage, le bœuf, l’agneau, la sauce au jus de rôti, les crevettes et les pétoncles. De nombreux légumes (asperges, champignons, chou-fleur, épinards et petits pois), légumineuses (fèves, haricots et lentilles), poissons, produits céréaliers, viandes et volailles contiennent aussi des purines, et doivent être consommés avec modération. L’alcool, particulièrement la bière, est à éviter, seul le vin rouge est toléré à raison de 2 verres maximum par jour.

Concernant les médicaments, ils sont de deux types : les uricosuriques, qui augmentent l’élimination de l’acide urique par les reins et l’allopurinol, qui inhibe la formation d’acide urique.

Les complications ?

À long terme, la goutte se transforme en maladie chronique et peut entraîner une destruction du cartilage et des os, allant jusqu’à la déformation des articulations.

Au niveau des reins, la néphropathie uratique peut évoluer vers une insuffisance rénale.

Au niveau des voies urinaires, la précipitation de l’acide urique dans l’urine provoque la formation de calculs (lithiase urinaire), ce qui peut aboutir à de violentes douleurs, la colique néphrétique.

K.L