Dysfonction olfactive, plus que cinq ans à vivre ?

Une récente étude publiée dans la revue Plos One vient d’identifier la dysfonction olfactive et plus précisément l’anosmie, une perte de la sensibilité aux odeurs, comme un bon prédicteur de mortalité à 5 ans.

Un échantillon représentatif de la population âgée américaine (le projet NSHAP) englobant 3005 personnes âgées entre 57 et 85 ans a été enrôlé dans l’étude en 2005/2006 et leur dysfonctionnement olfactif évalué : anosmie, hyposmie (diminution de l’odorat) et normosmie (odorat normal). En 2010/2011, soit 5 ans après, leur mortalité a été déterminée et a permis de faire ressortir que la mortalité pour les personnes souffrant d’anosmie était quatre fois plus importante par rapport aux personnes normosmiques tandis que les individus hyposmiques avaient une mortalité intermédiaire.

Dans un modèle plus probable (c’est-à-dire se rapprochant plus de la réalité) incluant des facteurs de confusion potentiels et éliminant des mécanismes potentiellement mortels comme la nutrition, la fonction cognitive, la santé mentale, le tabagisme et l’abus d’alcool ou de fragilité, les anosmiques ont été trouvés ayant trois fois plus de chances de décès par rapport aux individus normosmiques, ce qui est supérieur aux principales causes connues de décès.

Les chercheurs de l’université de Chicago ont ainsi identifié la fonction olfactive comme l’un des meilleurs prédicteurs de mortalité à 5 ans, elle devient donc un biomarqueur intéressant pour les dommages cellulaires ou les expositions environnementales toxiques.

K.L