Club et Association MICI : les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin trouvent enfin refuge

« Le club MICI ou Club des Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin était le fruit d’une volonté pour constituer un noyau de médecins intéressés par les maladies inflammatoires et que chaque médecin pouvait représenter un service hospitalo-universitaire de la Tunisie, dans l’objectif de former à la fois un réseau d’amitié et de travail » a rapporté Pr Fileli, chef de service du service de gastro-entérologie « A » à l’hôpital La Rabta et présidente du Club MICI.

« En effet, jusque là, les maladies inflammatoires faisaient l’objet d’études dispersées, mono-centriques, peu représentatives et non crédibles sur le plan international et nous avons senti le besoin pressant de fédérer l’ensemble des services hospitalo-universitaire, le but étant que notre travail porterait sur des réunions et des études qui seraient multicentriques et au sujet desquelles, les membres du club adopteraient les mêmes lignes de conduite et les mêmes protocoles.

Nous avons, à ce jour, pu réunir une quinzaine de médecins des C.H.U de la Tunisie et on a de plus en plus de demandes pour élargir le club MICI aux médecins de la santé publique et les médecins de libre pratique. C’est très positif mais ce qui est important, c’est que ce noyau continue de fonctionner et commence à produire et à faire des études prospectives au sujet des MICI.

Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin
Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin

Cette année, la deuxième édition des « MICI en pratique » avait eu lieu le 29 novembre. Comme d’habitude, ces journées ont pour cible les résidents en formation, les médecins de libre pratique et les collègues du secteur public. Ces journées se veulent toujours d’être pragmatiques et pratiques tout en transmettant des messages clairs et facilement applicables que les praticiens pourraient reproduire immédiatement dans leur pratique quotidienne sans trop s’encombrer de messages théoriques. Outre les conférences et les ateliers qui avaient porté sur la « fertilité et MICI », « l’anémie et MICI » et « la prévention des récidives post-opératoires de la maladie de Crohn », ce qui était particulièrement intéressant cette année, c’est l’intérêt qu’avaient porté les présents à la conférence relative à la prise en charge psychologique de ces patients, un intérêt qui mérite réflexion pour creuser encore dans ce sujet lors des prochaines journées du club.

Le prix du meilleur travail a été octroyé à Mme Hammemi Eya, résidente au service de gastro-entérologie à l’hôpital Farhat Hached de Sousse. Ce prix consiste en la participation aux prochaines JFOHD (Journées Francophones d’Hépato-gastroentérologie et d’Oncologie Digestive).

Actuellement, les « MICI en pratique » c’est une fois par an mais nous n’excluons pas de mener d’autres types d’évènements. Nous avons déjà fait une rencontre au mois de juillet et qui a tourné autour de cas cliniques, toujours dans l’esprit MICI qui est un esprit « pratique ».

Le Club « MICI » a pour objectif de réunir des gastro-entérologues qui soient intéressés par les maladies inflammatoires et qui soient motivés pour établir une feuille de route de travail lequel porte sur les études et les rencontres destinées à offrir des messages simples et pratiques pour la prise en charge de ces maladies ».

L’Association MICI

« Pour être le plus complet possible dans notre travail sur les MICI et à côté du Club MICI, réservé aux praticiens, une association MICI a été fondée et qui s’adresse aux patients qui souffrent de ces maladies. L’idée de monter cette association date déjà depuis belle lurette parce qu’on s’est rendu compte, au fil du temps, de la nécessité d’apporter plus au patient. Il ne fallait pas que la relation médecin-malade s’arrête à la porte de la consultation, il faillait qu’elle aille au-delà.

Parce que les MICI sont des maladies de la vie entière et parce que les malades porteurs de maladies chroniques ont besoin de se retrouver entre eux, d’apprendre à gérer au mieux la situation, de partager leur souffrance, de parler de leur maladie que l’association MICI a vu le jour.

Une première réunion avec les malades a eu lieu au mois de juin et à travers laquelle nous avons cherché à connaître et à approcher leurs besoins, leurs demandes et leurs attentes de l’association. Les patients étaient en quête de l’information qu’il fallait rectifier et remettre sur les rails en délivrant des renseignements sains et pondérés et de la sécurité, étant des patients en plein désarroi, angoissés et inquiets vu l’impact majeur de la maladie sur leur vie personnelle et professionnelle. Il faut savoir que les patients porteurs de MICI sont des personnes jeunes, encore à l’étape de mise en place de projets et qui pensent à l’effet de cette maladie sur leur productivité.

Ses demandes avaient été prises en compte et une deuxième rencontre est prévue avec les patients pour entamer la constitution de petits groupes de malades qui vont se rencontrer seuls par la suite
. Une telle relation horizontale et d’égal à égal, entre patients, sera fructueuse et les sentiments de retrait, de solitude et d’anxiété se feront moins sentir. Nous avons avec nous un psychologue qui va s’occuper du côté aide et soutien psychologique pour offrir au patient demandeur un renfort en cas de besoin et notamment pendant les périodes poussée de leur maladie pendant lesquelles les malades peuvent être sujets à une dépression réactionnelle. C’est une association qui commence,le but étant d’essayer de réunir à la fois malades et médecins autour de ce projet ».

E.K.L