Cancer et maladies cardiovasculaires : Oui pour l’aspirine, mais après 65 ans

L’aspirine ou acide acétylsalicylique est l’acide le plus consommé au monde. Tout le monde connait ses propriétés antalgiques, antipyrétiques, anti-inflammatoires et antiagrégants plaquettaire, utilisé depuis le temps des pharaons, dans sa forme naturelle, l’écorce de saule, pour combattre la fièvre et la douleur.

Une récente étude néerlandaise publiée dans la revue Heart a voulu identifier les bénéfices, chez la femme, d’une prise d’aspirine régulière (un jour sur deux) vis-à-vis de différentes pathologies, entre autres le cancer, les maladies cardiovasculaires et les saignements gastro-intestinaux majeurs. Pour cela, 27 939 femmes âgées de 45 ans et plus, sans cancer ni maladies cardiovasculaires, ont été réparties aléatoirement en deux groupes, l’un recevant 100 mg d’aspirine, l’autre un placebo. Après 10 ans, 604 cas de maladies cardiovasculaires, 168 cas de cancer colorectal, 1832 cas de cancer non-colorectal et 302 saignements gastro-intestinaux nécessitant une hospitalisation  ont été enregistrés.

L’équipe du centre médical de l’université d’Utrecht aux Pays-Bas, a montré que si on prend en compte le saignement gastro-intestinal, le faible effet protecteur de l’aspirine contre les maladies cardiovasculaires et le cancer colorectal devient négligeable par rapport à la balance bénéfice/risque. Des analyses plus poussées, ont cependant révélé que l’âge était le facteur le plus important dans le traitement à l’aspirine : c’est les femmes âgées de 65 ans et plus qui ont le bénéfice net le plus élevé vis-à-vis du cancer et des maladies cardiovasculaires.

Ces résultats devraient, s’ils sont confirmés, remettre en question, chez les femmes, la prévention primaire qui consiste à la prise tous les deux jours d’une faible dose d’aspirine pour la prévention des maladies cardiovasculaires et du cancer, en raison de l’augmentation importante des hémorragies gastro-intestinales. Par contre une orientation de la pratique clinique vers le traitement sélectif des femmes de 65 et plus avec de l’aspirine est peut être envisageable.

K.L