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Un Tunisien sur deux souffre de trouble mentaux

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Écrit par  Publié dans: Psychose

troubles-mentauxLe constat a sonné comme le glas : « un Tunisien sur deux souffre de troubles mentaux » ! Sauf que ce verdict révélé au grand public en octobre 2011, date en réalité de 2005… Si, 8ans auparavant, nous parlons de l’atteinte de la moitié des Tunisiens par des troubles mentaux, où-en est-on aujourd’hui ?

 

Pourquoi tant de mal ?

En 2005, l’OMS révèle l’atteinte de 50% des Tunisiens par des troubles mentaux suite à une enquête. Mais l’ancien régime a enterré ce verdict, jugé dérangeant puisque révélateur d’un grand mal-être du peuple. Et la révolution a pu mettre, plusieurs maux de notre société, à nu.

L’enquête précitée a révélé aussi que 37 % des cas atteints par des troubles souffrent de dépression et d'anxiété. Sauf que ces résultats de 2005 peuvent cacher une vérité bien plus complexe ! Parce qu’au jour d’aujourd’hui, l’hôpital Razi a enregistré 18 000 consultations supplémentaires rien qu’en 2011, année de la révolution. Et n’oublions pas que les statistiques n’incluent que les Tunisiens qui sont allés consulter ! Ceux qui ne connaissent pas leur trouble et ceux qui, en dépit de leur prise de conscience de ce mal, ne se traitent pas doivent représenter de leur côté une bonne partie de la population…

En outre, il suffit d’observer les visages des passants et de méditer sur les moult phénomènes naissants chez nous pour savoir qu’il y a hic ! Dans un large contexte, on note violences, meurtres, suicides et tentatives de suicides, viols en série, actes de pédophilie, conversion en jihadistes, rancœurs et divisions, retour de tribalisme…

Et dans un autre contexte, on note le nombre grandissant de ceux qui vivent totalement seuls, les divorces qui grimpent, l’effritement familial, et on en passe !

C’est à croire que la Tunisie va mal. Et tous ces phénomènes peuvent très bien traduire un grand mal-être latent qui pousse jeunes et moins jeunes à embarquer, quasi volontairement, sur des bateaux de la mort…

Pouvons-nous alors parler d’une majorité tunisienne souffrante psychologiquement ? Les malades sont-ils tous conscients de leur mal ? Le cas échéant, comment détecter le mal de l’être et comment le traiter? Sante-tn a justement contacté Dr Imed Regaïeg, psychiatre, qui a eu l’amabilité de répondre à ces questions.

 

Santé-Tn : Peut-on parler aujourd’hui d’une majorité tunisienne souffrante de troubles mentaux ?

Dr Imed Regaïeg : Parler d’un pourcentage de 50%, est déjà énorme tant on parle de la moitié de la population ! Mais attention, il s’agit de celle qui est allée consulter ! Donc les chiffres doivent, malheureusement être beaucoup plus importants ! Oui, il y aurait sûrement une augmentation aujourd’hui de ce pourcentage. Mais on ne doit pas en tirer des conclusions hâtives. Ceci n’est aucunement l’apanage des Tunisiens. Parce que nous parlons de 840 millions de malades psychiques de par le monde, et ce toujours, en se référant à ceux qui sont allés consulter !  

Et lorsqu’on parle de troubles mentaux, ceci englobe aussi bien les maladies névrotiques que celles psychotiques. Pour se référer aux statistiques de l’OMS, l’on parle d’une grande majorité de 37% qui souffrent de troubles se relatant à la névrose. Et cette dernière fait que le malade soit conscient de son mal-être. En revanche, ceux souffrant de maladies psychotiques ne le sont pas ».

 

On parle de 50% de troubles mentaux. Mais qu’appelle-t-on d’abord ces troubles?

 

On parle de troubles mentaux lorsque le sujet souffre d’un problème d’adaptation ou de désintégration et que ses comportements témoignent d’une incapacité de s’adapter à la société. Cette inadaptation sociale peut mener à plusieurs répercussions : incapacité d’avoir des relations sociales, affectives, familiales et professionnelles stables.

Le sujet pourrait, donc à la longue et en l’absence de traitement, rompre ses études, quitter son travail, faire une fugue, quitter sa famille, nuire à ses partenaires… Bien sûr, il va également souffrir d’anxiété, d’angoisse, de stress, voire de dépression nerveuse avec tout ce que cela peut impliquer comme maux physiques et douleurs mentales.

 

Comment détecter le mal-être ?

Les répercussions citées ci-dessus font partie des symptômes les plus évidents qui renvoient aux troubles mentaux. Certes, lorsque ce mal est enfoui, le sujet peut ignorer son mal. Mais il peut tout aussi bien connaître son mal et refuser tout de même d’admettre sa maladie ou de demander un traitement !

De fait, il ne suffit pas de se rendre compte de ce dont on souffre pour aller mieux. La conscience quant à la maladie est certes un premier pas vers la guérison, mais encore faut-il que cette conscience pousse le sujet au traitement.

 

Et pourquoi refuse-t-on justement d’admettre sa maladie si l’on est conscient?

Il faut dire que de nombreuses personnes souffrent en silence parce qu’en Tunisie nous manquons hélas de culture psychologique ! Les sujets n’ont pas autant peur du traitement, en lui-même, que du regard de la société et de l’entourage. On a, aujourd’hui encore, peur d’être considéré comme un «fou» puisqu’on va voir le psychiatre, lui-même considéré, malheureusement, comme le médecin des fous ! Tous ceux qui s’y rendent ont donc peur d’être estampillés comme des dérangés mentaux !

Ces préjugés culturels qui continuent à stigmatiser les troubles mentaux et les soins psychiatriques, surtout lorsqu’il s’agit d’hospitalisation en milieu psychiatrique freine la volonté des sujets de demander un traitement. Si on se sait malade, ceci compromet les chances (mariage, travail, procréation...) On préfère alors cacher et continuer de souffrir en silence et de ruminer son mal que d’être stigmatisé ou refusé par l’autre.

Par ailleurs, certains ont tendance à banaliser les maux psychiatriques. Ceux qui souffrent d’anxiété, de stress, de panique, de déprime sont souvent très critiqués par les autres et sont considérés comme des personnes paresseuses, faibles ou qui manquent de volonté ! Il y en a même ceux qui sont accusés d’avoir « perdu foi en Dieu » ! Le jugement sévère d’autrui et la culpabilité de ne pas réussir à être quelqu’un de…«normal » les poussent à taire leurs maux. Pourtant, rien que pour prendre le cas de la dépression, celle-ci ouvre la voie au désir suicidaire !

 

Comment remédier à ce mal de l’être ?

Un être psychiquement malade et qui n’est pas pris en charge finira par perdre son emploi, ses proches… En fin de compte, on va perdre un être humain. Il faut savoir que plusieurs malades cachent les somatiques des troubles. Ceci n’en facilite pas la reconnaissance surtout par les non spécialistes. Ici, l’entourage doit jouer un rôle.

Si on suspecte que l’un de nos proches ne va pas bien, on ne doit pas le juger ou le critiquer au risque de le pousser à enfouir son problème, mais on doit essayer de le convaincre d’aller se traiter. S’il persévère à cacher sa maladie et à nier son mal, on doit persévérer aussi à essayer de le convaincre ! Il faut qu’on sache que les maladies psychiatriques sont très douloureuses. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle la dépression «le cancer de l’âme».

 

Entretien conduit par Bibi Chaouachi

Lu 16759 fois Dernière modification le mardi, 01 juillet 2014 08:27

1 Commentaire

  • sabiha sabiha
    Lien vers le commentaire mardi, 21 octobre 2014 02:22

    les psychiatres devraient se faire suivre egalement pour etre en reelle bonne santé ne pas etre blasé , tenir compte de l entourage familial

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